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L'agriculture tropicale pourra-t-elle un jour bénéficier du changement climatique?

La science climatique récente suggère qu’en Asie il pourrait y avoir des régions

De nouvelles et très percutantes analyses de la Banque Asiatique de Développement (BAD) ne laissent aucun doute sur le fait que dans le continent où 60% d'entre nous vivons, le changement climatique est le risque le plus important pour la sécurité alimentaire. Au niveau sous-continental, la situation est bien sûr plus complexe. La science récente suggère qu’en Asie il pourrait y avoir des régions d'optimisme pour la production alimentaire et les moyens de subsistance des agriculteurs, comme l’illustre la publication de Guillaume Lacombe, Chu Thai Hoanh et Vladimir Smakhtin, de l'International Water Management Institute (IWMIMulti-year variability or unidirectional trends? Mapping long-term precipitation and temperature changes in continental Southeast Asia using PRECIS regional climate model.

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Fouillant dans le passé pour mieux gérer l'avenir

Un chercheur de maïs. Photo: N. Palmer (CIAT).

Les performances passées ne sont pas un indicateur parfait des performances futures or c’est le seul dont nous disposons. Ainsi, la compréhension scientifique de la façon dont l'agriculture répondra aux climats futurs se bénéficie énormément d'informations plus précises sur les réponses du passée. Un exemple inspirateur est l’article Nonlinear heat effects on African maize as evidenced by historical yield trials, de David Lobell, Marianne Bänziger, Cosmos Magorokosho et Bindiganavile Vivek, publié dans le numéro inaugural de Nature Climate Change. Read more »

La Terre est une petite planète REDD+

Les petits agriculteurs en Jirapa, Ghana. Photo: P. Casier.

"L'agriculture comme moteur de la déforestation" fait partie de la liste très sélect de sujets auxquels va s’attaquer, ce mois-ci à Bonn, le nouveau programme REDD + de la CCNUCC. Les visions optimistes soutiennent que les actions financées par ce mécanisme dans le but de réduire les émissions résultant du déboisement et des dégradations des forêts, profiteront non seulement le stockage du carbone, mais aussi la biodiversité, l'agriculture durable et la réduction de la pauvreté.  Les praticiens expérimentés en matière de conservation et de développement se demandent à juste titre, si ces cas idéalistes á multiples gagnants sont réellement possibles. Read more »

Adaptation: tout le monde en parle et personne n’agit?

Une des répercussions mondiales du récent tremblement de terre au Japon a été une hausse des investissements dans les énergies renouvelables. Sans doute cette réaction violente á l’encontre de l'énergie nucléaire va passer, mais la réponse est un reflet typique de la tendance humaine à n’agir sur les défis à long terme que s'ils sont provoqués par une crise. L’article Sommes-nous en train de nous adapter au changement climatique? par Lea Berrang-Ford, James Ford et Jaclyn Paterson, montre comment les événements extrêmes sont des stimuli essentiels pour des actions concrètes en faveur de l'adaptation au changement climatique. Dans l'agriculture, les inondations et les sécheresses en particulier, mais plus généralement la variabilité croissante des précipitations, motive des adaptations délibérées à l'égard des changements climatiques actuels et futurs. Read more »

L'efficacité des émissions: certains animaux sont-ils plus égaux que d'autres?

Photo: ILRI/Mann

Le récent rapport Prospective sur l'avenir de l'alimentation et l'agriculture fournit une riche base de référence pour orienter les décisions actuelles qui assureront l'alimentation et l'agriculture dans les décennies à venir. Néanmoins, un message frappant qui se dégage de ce rapport est le fait qu’une science solide ne suffit pas á orienter la politique.

L’examen détaillé d’une seule de la centaine d’études de référence montre en effet á quel point, si bien l’évidence technique peut informer, elle peut substituer un consensus sociétal.

L’article de Tara Garnett Où se trouvent les meilleures opportunités pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le système alimentaire (y compris la chaîne alimentaire)? est l’un des rares qui répond à la question posée dans le titre. Les mesures visant á une amélioration du stockage de carbone, une plus grande efficacité, et des  changements des modes de consommation représentent les meilleures d'options, mais à condition qu’elles soient abordées conjointement. Pas de quoi se surprendre, tout est dans le détail.

Dans les pays à haut revenus, les émissions totales tout au long de la de la chaîne alimentaire sont réparties 50:50 entre les activités pré-récolte - principalement l'agriculture, ainsi que la fabrication d’intrants comme les engrais - et les étapes post-récolte comprenant la transformation, le conditionnement, le stockage, la distribution et la préparation des aliments. L’article de Garnett ne considère pas l’évidence bien plus rare relative aux pays à faible et moyens revenus, or une analyse récente de l'Inde estime que seulement 13% du total des émissions proviendrait de ces stades post-récolte, et ce en raison du transport et la réfrigération bien moins importants.
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Fertilisant une transformation de l'agriculture chinoise

Un agriculteur dans le sud de la Chine applique des engrais sur un champ de riz.

La Chine a entamé la décennie avec son premier recensement national des sources de pollution environnementale. Résultat de trois années de collecte de données, celui-ci a mobilisé plus d'un demi million de personnes. Le secteur agricole a été inclus pour la première fois dans les statistiques officielles et s'est révélé comme un grand pollueur. D'après l'étude, chaque année plus de 13 millions de tonnes d'effluents issus des engrais et des pesticides seraient déversés dans les cours d’eaux.

La Chine est désormais le plus grand producteur et consommateur mondial d'engrais synthétiques d'azote et phosphore. Environ un tiers de leur utilisation et leur production mondiale lui est attribué.

L'application d'engrais en grandes quantités a non seulement des implications pour la pollution des eaux mais également pour les émissions de gaz à effet de serre. En Chine, le dernier recensement de GES a été réalisé en 2000. Depuis, les scientifiques cherchent activement à améliorer les estimations et a rassemblé des évidences qui alimentent le débat public et contribuent à  l'élaboration de politiques. Pour exemple, le récent article de Fredrich Kahrl Greenhouse gas emissions from nitrogen fertilizer use in China. Read more »

‘Hamburgers et yamburgers* - Implication d’un futur de quatre degrés pour l’alimentation en Afrique

(*burgers à la patate douce)

Les scientifiques les plus optimistes accordent leurs prédictions sur une augmentation maximale de 2 degrés de la température moyenne du globe vers la fin du siècle. Cependant le consensus est en train de changer. En effet, même si les engagements mondiaux actuels en termes de mitigation étaient entièrement respectés nous attiendrions + 3.5°C en 2100. Le bureau national britannique de la météo (UK Met Office) indique qu’un monde à + 4 degrés est assez probable, et il serait éventuellement atteint vers 2070 voir même 2060 – dans la vie de nos enfants. Ceci se traduira par une augmentation drastique de 15°C dans la température moyenne de l’Arctique, et de 3 à 8 °C dans les régions les plus peuplées du globe
 
Les décideurs les plus avant-gardistes affirment à juste titre que l’adaptation dans l’agriculture doit se faire en priorité localement, centré sur les connaissances et les innovations locales. Mais, qu’en serait-il si les agriculteurs étaient confrontés à des conditions complètement différentes à celles qu’ils ont connues au cours de leur vie ? L’agriculture est très sensible, même à un scénario de 2 degrés. Un monde à + 4  degrés dépasse les limites des savoirs à la fois locaux et mondiaux, et toute expérience aussi bien historique que moderne. En 2050 dans un quart des pays Africains – principalement au Sahel – les systèmes agricoles vont faire face à des conditions climatiques pour lesquelles il n’existe aucun analogue à l’heure actuelle au niveau mondial.
 
Un nouvel article intitulé ‘Agriculture and food systems in sub-Saharan Africa in a four-plus degree world’ de Philip Thornton, Peter Jones, Polly Ericksen et Andrew Challinor, prévoit des effets profonds. Read more »

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