Les décideurs politiques à l’école de l’approche «Fermes du Futur» pour sa diffusion en Afrique de l’Ouest

Journée de vernissage pour la diffusion des documents de capitalisation élaborés dans le cadre des activités du projet «Mise en œuvre de l’approche Fermes du Futur» et du projet ENRACCA-WA photo: A. Coulibaly, Institut du Sahel
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mar 28, 2017

par

Mathieu Ouédraogo, Samuel T. Partey, Robert Zougmore, Dansira Dembele (CCAFS West Africa) and Dr Sibiri Jean Ouédraogo (INSAH)

Une journée de vernissage mettant en exergue les résultats de l'approche "Fermes du Futur" a permis à des décideurs et autres participants de s’approprier l’approche et de servir de relais à la dissémination de ses résultats. 

C’est dans le souci de porter à la connaissance des décideurs politiques les résultats de deux projets (ENRACCA et “Fermes du Futur”) que l’INSAH et le Programme CCAFS ont organisé une journée de vernissage à Ouagadougou (Burkina Faso), en décembre dernier. L’objectif général de cet évènement a été de partager avec les participants les produits qui ont été élaborés par les pays dans lesquels les projets ont été executés et par le niveau régional en vue de leurs disséminations.

Ces produits sont des documents de synthèse (Info Note et Note Politique) valorisant les principaux acquis obtenus dans le cadre de l’approche «Fermes du Futur».

Des medias pour une plus large dissémination 

L’atelier (le vernissage) a enregistré la participation des représentants des Systèmes Nationaux de Recherche Agricole (SNRA) des cinq pays pilotes dans lesquels l'approche a été implantée ainsi que des responsables du Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF), du Centre Régional AGRHYMET et du secrétariat exécutif du Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS). A l’issue de l’atelier, un lot de 25 documents par produit a été remis à chacun des représentants des 8 structures (AGRHYMET, CILSS, CORAF, CSIR-SARI, IER, INERA, INRAN, ISRA) pour une diffusion dans son pays. En outre, les medias audio-visuels, la presse écrite et les presses en ligne se sont faits l’écho de l’évènement à travers plusieurs publications, ce qui, à n’en pas douter, contribue à une large diffusion de l’information sur cette approche innovante.

Au-delà des participants des cinq pays pilotes de CCAFS en Afrique de l’Ouest, le CILSS a donné un plus grand espace de visibilité pour la dissémination de l’approche dans les 13 pays qu'il compte comme membres. Cela devrait permettre à un grand nombre de décideurs politiques tels que les ministres en charge du développement rural, de  l’Agriculture, de l’élevage et de l’environnement de l’espace CILSS; les responsables des institutions régionales (CILSS, UEMOA, CEDEAO), de connaitre l’approche «Fermes du Futur» afin de l’adopter, aussi bien au niveau national que régional, comme outil de conscientisation des communautés par rapport au phénomène du changement climatique. Aussi, cet acquis sert à identifier des options potentielles d’adaptation au changement climatique. Par exemple, la mise en œuvre de l’approche pourrait contribuer à actualiser les plans locaux d’adaptation au changement climatique. De même, les partenaires techniques au développement telles que les coopérations allemande (GIZ), française (AFD), suédoise (ASDI), les ONG (Care InternationalWorld VisionInternational Relief and Development) et les organisations paysannes présents dans l’espace CILSS pourront également s’approprier de l’approche pour mettre en œuvre des initiatives qui permettront d’améliorer la résilience et la capacité d’adaptation des populations rurales face aux impacts de la variabilité et du changement climatique au Sahel.

Un partenariat fécond

Au Burkina Faso, au Ghana, au Mali, au Niger et Sénégal des "Fermes du Futur" ont été implantées grâce à un partenariat entre CCAFS, l’Institut du Sahel (INSAH), le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF) et les Instituts Nationaux de Recherches Agricoles du Ghana,  du Mali , du Sénégal, du Burkina Faso et du Niger pour une mise à l'echelle. Deux projets ont servi de base à la mise en œuvre de l’approche. Il s'agit du projet «Renforcement de la capacité de résilience et d'adaptation au changement climatique à travers la gestion intégrée des terres, de l'eau et des éléments nutritifs dans les zones semi-arides d’Afrique de l'Ouest (ENRACCA-WA)» qui est un projet conjoint entre l’INSAH et le Programme CCAFS Afrique de l’Ouest, ainsi que le projet «Fermes du Futur » du Programme CCAFS.

D’importants résultats ont été acquis parmi lesquels, on peut citer:   

L'approche "Ferme du Futur" 

Améliorer la résilience et la capacité d’adaptation des populations rurales face aux impacts de la variabilité et du changement climatique en Afrique de l’Ouest, le programme de recherche du CGIAR sur le Changement Climatique, l’Agriculture et la Sécurité alimentaire (CCAFS) y travaille en développant et testant des technologies, pratiques, outils et approches pour améliorer la résilience et la capacité d’adaptation des populations rurales face aux impacts de la variabilité et du changement climatique en Afrique de l’Ouest depuis 2011. C'est dans cette optique que l'approche "Ferme du Futur" a vu le jour.

Il s'agit d'amener certaines communautés d'un site de référence à envisager comment son climat et systèmes agricoles pourraient devenir dans le futur. Cet apprentissage se fait à travers des échanges inter-paysans, des pratiques et technologies d’adaptation de ceux vivant dans un site analogue climatique.  Ceci  a pour but d’anticiper et de mettre en œuvre les leçons d’expériences apprises par les habitants site de référence auprès des habitants du site analogue afin d'améliorer leur capacité d’adaptation. C’est aussi une approche facilitant la création de réseaux pour améliorer les échanges entre communautés, d'opportunités de recherche pour étudier si les options et stratégies d’adaptation réussies sur le site analogue sont transférables au site de référence.

Ces échanges permettent aux communautés de mieux comprendre les barrières sociologiques et culturelles qui pourraient enfreindre l’adoption ou la mise en œuvre d’une quelconque option technologique ou d’une pratique d’adaptation avérée, et éventuellement d’en tirer des leçons pour une mise en œuvre réussie.