A Kaolack, les radios communautaires aident à diffuser l’information climatique

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Farmers listen to the radio as they prepare their field for planting. Photo: Francesco Fiondella.
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oct 12, 2014

par

Ousmane Ndiaye, Sékou Touré (CCAFS West Africa)

L’utilisation des informations climatiques par les acteurs ruraux est l’une des conditions de leur adaptation aux changements climatiques. 

Le Sahel est l’endroit au monde ou la variabilité climatique est la plus forte à toutes les échelles de temps et impacte fortement la production agricole. Il est devenu ainsi impératif pour les agriculteurs au Sahel d’utiliser les informations climatiques afin de s’adapter aux caprices du climat changeant. Pour que cela soit possible, il faut que ces informations leurs soient accessibles et compréhensibles. Pourtant l’information est produite quelque part et les agriculteurs en demandent. Ainsi il faudrait la rendre accessible : c’est le rôle que voudrait jouer les agents de radios communautaires. Ces professionnels du traitement et de la diffusion de l’information sont des alliés incontournables dans le cadre de l’adaptation au changement climatique.

L’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) du Sénégal en est bien consciente et c’est dans ce sens qu’elle a organisé du 14 au 16  Août une formation visant à initier les agents de l’Union des Radios Associatives et Communautaires (URAC) à comprendre l’information climatique et s’approprier les bulletins d’informations disponibles.

Nous voulons arriver à une agriculture qui utilise de manière intelligente et efficiente l’information climatique" Ousmane Ndiaye.

Afin d’atteindre cet objectif, le programme CCAFS Afrique de l’Ouest a initié avec son partenaire l’ANACIM plusieurs initiatives.

Ces actions ont pour but de faciliter l’accès des petits producteurs Ouest africains aux données agro-climatiques et à développer leurs capacités à comprendre et utiliser celles-ci dans le but de renforcer les processus de prise de décision sur les exploitations.

Ces initiatives mises en œuvre avec d’autres institutions telles que la Direction de l’agriculture et bien d’autres institutions locales ainsi que les organisations paysannes, sont entrain de démontrer, au vu des résultats, comment les  services d’informations climatiques peuvent révolutionner l’agriculture

Une formation qualifiante

Ousmane Ndiaye estime que la radio communautaire est l’un des moyens les plus efficaces pour atteindre les communautés vivant dans le monde rural, qui sont plus exposées que les autres aux effets des aléas climatiques. La radio qui est l’outil le plus écouté dans les zones rurales, constitue un réseau très bien implanté presque partout et très proche des populations.

Il continue en affirmant que ce type de média peut "jouer un rôle important dans la diffusion de l’information climatique au moment opportun, dans un langage clair et accessible aux usagers.

C’est pourquoi la formation dispensée se veut être à la hauteur des ambitions affichées. Elle a porté sur les modules suivants : l’observation météorologique, la base des prévisions et ses incertitudes, le domaine d’application de la météorologie, le changement climatique, la mesure de la pluie, les bulletins météorologiques de l’ANACIM et le suivi évaluation des activités planifiées.  Ainsi  34 radios de toutes les régions du pays ont pu suivre la formation.

Cette formation, selon Talla Dieng président du réseau des radios rurales (URAC)  

 est venue à son heure car nous permet de renforcer le contenu de nos émissions sur l’environnement et d’avoir une utilité publique en relayant l’information climatique en temps réel aux populations de base. En plus, on nous a remis des pluviomètres qui nous permettent d’être acteurs car on n’a plus besoin d’appeler pour savoir la quantité qu’il a plu dans notre zone. Nous espérons que d’autres radios auront la chance d’être aussi formées.

A la fin de l’atelier un processus de suivi a été mis en place évaluer la bonne diffusion des informations climatiques.

A regarder: L'information climatique à Kaffrine, Sénégal 

 

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Ce blog est inspiré de l’article paru sur le site de l’Agence de Presse Sénégalaise